Bon, il a bien plu toute la nuit et là au réveil ben ça tombe toujours… pas cool du tout et le paysage et bouché de partout. Quelle que soit la direction ou on tourne la tête, c'est gris ou noir. La vue qu’on a de la fenêtre de la chambre est tout sauf engageante pour une virée à moto.
On décolle quand même pour remonter vers le nord et aller voir la vallée de la Valbona ensuite. Mais bon pour aujourd’hui on devrait s’arrêter à Peshkopi.
On se choisit un petit itinéraire sur la carte qui devrait être de la piste, et effectivement très vite le goudron disparait.
Au programme, flaques, boue et cailloux mouillés, dés qu’il y a un peu de boue je sens la moto qui glissouille dans tous les sens. Vraiment pas terrible en terrain gras les Anakee Michelin. J’y vais sur des œufs.
Dés que ça se dégage un peu par contre on aperçoit un paysage qui semble de toute beauté.
Ca finit par se lever tout doucement, ce sera plus agréable quand même, par contre pour l’état de la piste ça ne change rien
Bon on roule pas mal finalement, en dehors des passages boueux c'est assez roulant. On a vu un nom de village sur la carte et ça tombe bien car on commence à avoir faim vu le petit déjeuner ultra light pris au départ d'Elbassan.
Et là grosse surprise, le village est en ruine et désert à part des grandes tentes militaires (ce coup là je ne tente pas la photo). Tant pis on mangera plus loin… En fait il semble aussi y avoir de vielles installations en dur de l'armée, le village devait vivre de ça et s'est surement vidé quand l'installation de l'armée n'a plus été permanente.
On part donc pour Kraste, on a plusieurs fois de grands doutes sur la direction mais bon à chaque fois on trouve quelqu’un pour nous confirmer qu’on est sur le bon chemin. Un me dit même oui le complexe industriel et minier… je comprendrais après.
La piste est belle, trempée mais belle…
Et puis l'explication du complexe minier arrive, la montagne en face est une immense mine.
A Kraste, qui n'est plus très loin, nous mangerons un ragout excellent certes avec surtout des patates et du gras de mouton mais toutefois vraiment très bon. Nous rencontrons un gars qui parle anglais. Il nous explique que ce sont des mines de chrome, qu’il a bossé dans un resto à Londres, que son père et le propriétaire de la mine, qu’il bosse dans les galeries et qu’il est rentré suite à une expulsion.
Le village dégage une impression étrange de gloire passée, de misère et de vie difficile. Il est à moitié en ruine et les gens habitent des maisons qui ressemblent à des ruines. Le seul bâtiment vraiment entretenu est celui de l’administration de la mine et ensuite viennent les bars et le resto… Et à coté de ça ils refont à neuf la rue principale. Tu hallucines quand tu vois ça, un bled a moitié démoli avec des pistes pouraves pour y arriver et ils font une super rue piétonne avec des jolies lampadaires au milieu du vilage.
Des fois un monument tombant en ruine à la gloire du peuple albanais en marche vers le communisme... Ca fait toujours un peu bizarre ce genre de truc en plein milieu de nulle part au milieu d’une piste ou les taxis Mercedes et les minibus ne s’aventure pas jusque là… Il y a sans doute une excellente raison historique que le pauvre touriste que je suis ignore.
Un peu plus loin nous retrouvons le goudron. Nous traversons Bulkquize, la ville dont je parle là, et je me souviens m’être fait la réflexion que le chrome ne doit pas être très bon pour la santé. <le nombre de pharmacies dans la ville est tout simplement bluffant ! Je dirais… allez un commerce sur deux ou trois et une pharmacie.
Bref on repart vers Peshkopi, toujours une route superbe.
La ville est coupée en deux par la rivière. A l’entrée un 4x4 local nous conduit à un des hôtels de la ville, très bien d’ailleurs. Nous avion une espèce d’appartement avec deux chambres et des sanitaires pour nous trois. Le tout presque neuf et en excellent état.
Petite ballade à pied dans la ville. Ici les faucons crécerelle semblent avoir remplacé les hirondelles.
On mange dans un hôtel de la ville ou nous avons un peu de mal à nous faire comprendre, mais comme d’habitude dans ce cas un des clients qui comprend 3 mots d’une langue étrangère se met au milieu de la conversation et nous aide